Un blog de filles où on ne fait pas que manger des macarons
(Et où on les vomit, parfois)
Merci Papa.
Le 2 avril 2012 à 9:34

Hier c’était le 1er avril, journée des blagues, et ça m’a donné envie de vous en raconter une bonne.

Il faut savoir que je suis très mauvaise en blagues. J’oublie systématiquement soit le début, soit la fin, soit le détail qui faisait que c’était drôle.

Et puis j’ai aussi un petit problème de ton : j’ai tellement de mal à croire en leur potentiel comique au moment où je les raconte que je les récite comme je réciterais le Je vous salue Marie, alors forcément, j’ai un peu de mal à provoquer l’hilarité chez mon public qui se réduit naturellement de jour en jour.

Ca n’a pas toujours été le cas.

Petite, j’avais ma préférée, entendue de la bouche de mon père. Elle me faisait rire un peu mais pas trop, mais le pote de mon père s’était bien marré en l’entendant, aussi en avais-je déduit qu’elle devait être très bonne.

Inlassablement, pendant 7 ans environ, je l’ai racontée à mes camarades d’école d’enseignement catholique, à leurs parents à table quand ils m’invitaient à dormir le mardi soir, à mes maîtresses et même une fois, au catéchisme, le dernier jour avant les vacances, où on avait eu le droit de raconter chacun notre tour notre histoire drôle préférée.

Je me souviens que j’avais été contente de la sortir, je la trouvais très à propos, puisqu’il s’agissait d’une blague avec des bonnes sœurs.

Les enfants n’avaient pas particulièrement ri, le prêtre qui nous faisait cours avait manqué de s’étouffer avec son dentier, puis après quand il me confessait il le faisait avec un peu de plus d’attention et d’entrain que d’habitude.

Vers 8 ans je l’ai envoyé à Astrapi lors d’un concours de blagues organisé pour gagner un an d’abonnement.

Je n’ai jamais eu de réponse.

Vers 13 ans environ, pensant que j’avais passé l’âge des blagues de gamins, j’ai arrêté de la raconter à tout le monde, la réservant uniquement à quelques privilégiés aux oreilles innocentes : enfants que je gardais lors de baby-sittings, petits cousins et nièces de moins de 6 ans, et une fois, en entretien, alors qu’on m’avait demandé le genre de blagues qui me faisait rire, et que la seule autre que je connaissais c’était l’histoire d’une bite à qui il arrivait je ne sais plus quoi.

Et puis l’autre jour, mes beaux-enfants m’ont demandé de leur en raconter une.

Je me suis lancée :

 » C’est l’histoire de 15 bonnes sÅ“urs en promenade en vélo, elles font les folles et sont toutes excitées. Le chef du couvent leur dit

- « Ce midi, au menu c’est des carottes…

- Ouaaaaaaais !

- … Râpées.

- Ohhhhh non… »

Alors le chef du couvent ajoute « Puis si vous êtes pas contente je remets la selle sur vos vélos ».

Ils n’ont pas beaucoup ri, en revanche la copine qui était avec moi a toussé très fort pour essayer de couvrir ma voix avant de me prendre à part dans la cuisine.

« T’y vas un peu fort quand même là.

- Quoi ?

- Ta blague. Elle est dégueulasse.

- Comment ça ? »

Voilà comment j’ai compris que ce qui était « drôle », c’était pas que les carottes et les carottes râpées ça avait le même goût, ni que les bonnes sœurs préféraient faire du vélo sans selles.

Mais qu’avec la selle sur le vélo elles ne pourraient plus se mettre la tige dans la chatte, pas plus que les carottes, si par malheur elles étaient râpées.

Qu’on ne s’avise plus jamais de me dire que j’ai l’esprit mal placé.

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Pavé, IVG et porte-gobelet
Le 20 mars 2012 à 16:16

Je n’ai pas l’insurrection facile. J’aurais fait une bien mauvaise soixante-huitarde, n’en déplaise à mon révolutionnaire de mec.

Mais depuis quelques mois, il y a un sujet qui provoque en moi un remous inhabituel. Ce sujet c’est l’avortement, et pardon si vous aviez envie de vous marrer.

Je sais, le débat ne date pas d’hier, mais que voulez-vous je ne vais pas d’un coup commencer à m’insurger ET le faire en temps voulu.

La petite piqure de rappel on la doit à cette chère Marine, qui a repris à son compte l’expression « IVG de confort », proposant au passage de la dérembourser.

D’une pierre deux coups, Marine Le Pen nous explique donc que oui, une IVG peut être confortable, mais surtout qu’il existe des situations qui justifient un avortement, et d’autres non.

Très concrètement, si tu te fais violer par ton beau-père roux et trisomique, why not, mais si t’as 30 ans, un mec, une situation, un appartement lumineux avec une chambre d’amis pouvant faire office de chambre d’enfant en un coup de pinceau rose poudre, c’est mort, sans mauvais jeu de mot.

Enfin tu « le fais » si tu veux, hein, nous avons affaire à des gens ouverts, mais ne compte pas sur le soutien financier et encore moins moral d’un système qui te montrera désormais du doigt en te courant après armé d’un fœtus mort.

Les gens sont montés au créneau, moi aussi, j’ai même eu pour la première fois le pavé qui me démangeait, l’envie d’en lancer un dans cette mare d’inhumanité et de connerie.

Parce que ce qui se dit en filagramme, c’est quand même qu’il y a quelqu’un sur cette terre capable de juger pour d’autres femmes et selon une grille de critères précise si leur décision de garder un enfant ou d’avorter se justifie, ou pas.

Et que ça revient à ignorer, ou faire semblant de le faire, que la question de la vie en général et de la parentalité en particulier a le bon goût de s’affranchir de raisonnements cartésiens et de logiques implacables.

Là où ça a commencé à se gâter, c’est quand sur la blogosphère et dans les médias, on a cherché à expliquer en quoi ce système serait absurde et immoral. Sous couvert d’empathie, on s’est donc mis à la place de cette femme de 30 ans bien sous tous rapports, qu’on appellera la « femme symbole », pour tenter de prouver qu’elle aussi avait des raisons de vouloir avorter, sans que ce soit pour autant « confortable ». On y trouvait du 3 autres enfants en bas âges, du boulot ras la gueule, de la fatigue ras les yeux, de la peine ras le cœur.

Pauvre de moi, il me semblait pourtant que l’envie de ne pas donner la vie à un moment T était une raison valable et suffisante de ne pas le faire, et que notre liberté durement acquise avait ceci de beau qu’elle pouvait se passer des justifications et des hypothèses les plus hasardeuses.

Enfin, s’il y a bien une chose sur laquelle je tombais d’accord avec le reste des gens, c’était l’indécence de déterminer les critères d’un avortement justifié, et la réaffirmation de notre liberté d’avoir le choix, en toutes circonstances.

Sauf que.

Flash back.

Eté dernier, ondes FM, dance floor, clips télé, bouche des enfants et des ados, une chanson, « Aurélie », du Colonel Reyel.

Le rappeur y raconte le doux récit d’une jeune fille de 16 ans qui tombe enceinte à l’arrière d’une twingo, et décide de garder son bébé contre l’avis de ses parents et de son petit ami qui s’est barré entre temps. Elle est au lycée, elle vit dans une cité, on tombera tous d’accord pour dire que c’est un peu la merde et qu’on souhaite pas tout à fait la même chose pour notre fille ni notre nièce.

La chanson se termine sur « Voilà ce que je dirais si je devais donner mon avis, mettre un enfant au monde ne devrait pas être puni », en référence à la réaction de l’entourage de la jeune fille.

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Les paroles provoquent un tollé. Et rebelote.

On s’insurge, on crie au scandale, et « on » ce sont les mêmes que les insurgés de l’ « IVG de confort » puisque ce sont les partisans de l’avortement, dont je fais partie, sauf que là, je ne comprends plus rien.

On se tient la main pour faire front face à des propos extrémistes, on s’accorde à dire que la question de l’avortement dépasse les considérations contextuelles et environnementales, et un jour on lit sur toutes les lèvres et dans un édito du Elle que : « Avoir un enfant, c’est magnifique, mais seulement dans de bonnes conditions. »

Alors évidemment, lu comme ça, on a envie d’acquiescer et d’ajouter qu’on est aussi contre la guerre et le chômage. Mais rapidement, on se rend compte qu’il y a comme un hic, pour rester dans les grandes références musicales.

Décider de faire un enfant oui, mais décider de le garder ?

En parlant de « bonnes conditions », on retombe exactement dans ce qu’on a voulu éviter : la notion de confort et d’inconfort, l’établissement de critères (le bon âge ou pas, une situation ou pas, un mec ou pas) qui feraient qu’une maternité est envisageable ou non.

Ca serait pas mal d’essayer d’être un peu cohérents ou mieux tiens : fermons un peu nos gueules, pour voir ce que ça fait.

On fait trop de bruit là, on cherche à convaincre qui ? De quoi ? De ce qu’on aurait fait à la place d’Aurélie ou de la « femme symbole » ? Au nom de qui ou de quoi on estime avoir notre mot à dire dans l’histoire de ces femmes ? L’avortement est un droit, what else ?

On fait trop de bruit, ignorant que c’est en connaissance de leurs droits et dans le silence de leurs propres aspirations qu’elles parviendront à prendre la bonne décision : celle qui hurle au fond de leurs tripes et qui rend l’autre option inenvisageable, avec tristesse ou confiance ou effroi ou méfiance, mais surtout sans regrets.

Ce bruit assourdissant c’est peut-être le prix à payer des droits durement acquis, pour les faire enfin rentrer dans la tête des gens comme faisant partie du champ des possibles.

Mais tout ce bruit me fait un peu peur, parce qu’il prend parfois la forme d’un chemin à suivre, parce qu’en brandissant le droit en étendard il risque de le faire passer pour un devoir, lui faisant perdre son sens premier qui est celui de la liberté.

Pour ceux qui me connaissent un peu, n’y voyez aucun lien avec ma propre histoire. A l’époque j’avais pas 16 ans et jamais fait l’amour dans une twingo. D’ailleurs je vous raconterai bientôt, je me suis acheté un Monospace.

Je sais, c’est presque aussi triste, sauf qu’à l’arrière il y a un rond en plastique on appuie dessus ça sort ça fait porte-gobelet, et un truc très pratique pour ranger les pièces de monnaie.

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Summertime
Le 16 mars 2012 à 13:55

Ca fait 28 fois que ça se produit, et à chaque fois j’ai l’impression que ça tient du miracle.

Au début, c’est assez imperceptible, juste un truc en plus, un frisson en moins, pour la première fois depuis longtemps cette contraction des muscles qui ne vient pas en sortant de chez toi.

Une douceur qui surprend, comme une intention qu’on n’attendait pas.

Après, ça hésite, on recolle les mains dans ses poches en se disant que ce n’est pas encore ça, d’ailleurs les gens autour tâtonnent aussi, il y en a des légèrement rougis sous leur manteau trop chauds et d’autres qui grelottent un peu dans leurs vestes en coton.

Puis il y a ce matin où le ciel est particulièrement dégagé, il faut un peu froid dedans mais tu t’aventures dehors, armée d’un café et d’une cigarette. Il fait meilleur dehors, et tu sens à travers ton jean que  la pierre du perron est un peu chaude.

Tu oses à peine l’envisager, mais il semblerait que ta veste soit de trop, tu commences à l’enlever avec la petite crainte que la magie s’arrête, et que la chair de poule sur ta peau blanche te ramène à la triste réalité.

Mais non. Le soleil forme même sur tes bras nus comme un vêtement invisible.

Le printemps me donne chaque année l’impression d’être un vieil ami qu’on attend sur le quai d’une gare, sans vraiment savoir quand il va arriver.

Le genre d’amis à qui tu ne donnes pas de nouvelles pendant des mois mais auprès de qui tout devient inlassablement comme les années d’avant, et qui t’emmène par le bras sans dire un mot boire un verre à la terrasse d’à côté.

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Je voulais juste que. (Suite et fin)
Le 14 mars 2012 à 17:59

Edit 1 : regarde-donc sur la droite, mon frère adoré a rajouté un lien pour que tu me suives sur Hellocoton et sur Facebook, clique, ça va bien se passer.

Edit 2 : merci pour vos adorables commentaires sur le dernier billet, vous êtes en or, vraiment.

Vous vous en souvenez peut-être, j’ai traversé la semaine dernière une grave crise familio-existentialo-personnalo-conjuguale, bref, c’était la merde.

Puis comme 17 merdes n’arrivent jamais seules, quand je suis rentrée chez moi le soir après avoir fugué toute la journée, je n’arrivais plus à ouvrir les yeux. Disons que je ne pouvais que les laisser fermés pour résister à la tentation de me les gratter jusqu’à ce qu’on retrouve mes globes oculaires dans mes selles.

Ma tante coach en développement personnel aurait été là, elle m’aurait sans doute dit que mon corps me parlait, et que si mes yeux ne pouvaient plus s’ouvrir c’est que je ne voulais plus rien voir, moi j’en ai plutôt déduit que bordel c’était pas le moment.

Bref, je rentre, je me mets dans mon lit et j’en sors que pour aller dîner, les yeux toujours fermés et les mâchoires toujours fermées par la colère, ce qui constitue quand même deux handicaps de taille pour manger.

Mon mec ne m’adresse toujours pas la parole et je le lui rends bien, on évite de se regarder enfin surtout lui, mais je devine quand même entre mes paupières fermées des œillades discrètes et étonnées. Un moment il me propose même de l’eau, je lui réponds que je refuse d’être traitée en handicapée tout en me perforant la joue avec ma fourchette pour la 13ème fois.

Quelques heures plus tard on est dans le canapé, j’ai toujours les yeux fermés mais c’est pas grave, c’est Marine Le Pen à la télé. Un moment j’entends à côté de moi une voix à peine plus chaleureuse et angélique que celle de Marine qui me dit « pour les conjonctivites il faut faire un mélange pain de mie et lait sur un coton et l’appliquer sur ton œil. »

J’essaye de répondre « ta gueule » mais j’ai pas parlé depuis la veille, 16h, alors au lieu de ça il y a comme un grognement qui sort de ma gorge, il prend ça pour un râle de douleur alors il insiste « J’ai déjà essayé, ça marche. »

Je me résous à tenter l’expérience, et je me dirige à tâtons dans la salle de bains et la cuisine, j’ai l’impression d’être dans Top Chef spécial handicap, je m’applique pour malaxer la mie de pain entre mes doigts, je rajoute du lait, je mets tout ça sur un coton, je m’installe à nouveau dans le canapé et au moment de m’appliquer le truc sur l’œil je suis prise d’un doute soudain :

- T’es pas en train de te foutre de ma gueule, là ?

- Quoi ?

- Cette histoire de mie de pain et de lait, c’est pas une pâle vengeance par rapport à hier ?

- Non. Par contre je crois me souvenir qu’il faut rajouter un filet de vinaigre et un peu de wasabi sur la compresse.

- Très drôle.

- Vas-y je te dis.

Je me pose le truc sur l’œil, ça fait un splotch disgracieux et ça me coule sur la joue, je lui demande « Combien de temps je dois le garder comme ça ? », il me répond « Trois jours puis pour que ça marche c’est important de fermer sa gueule ».

Je ne relève pas, la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe conjonctivée, et je reste comme ça 5 minutes. Quand je m’apprête à l’enlever, il me soutient que c’est trop tôt , et j’obtempère. Au bout d’un moment je sens que tout ça commence à sécher et je redoute qu’une brioche se forme et prenne racine dans mon œil, alors j’enlève le coton.

J’ai des paquets de pain de mie humides collés entre chaque cil, il y en a même qui se sont logés dans mes sourcils, je pleure des larmes de lait, le coton s’est effiloché et m’a laissé quelques souvenirs là où il pouvait, c’est-à-dire à peu près partout dans un périmètre de 3 cm autour de mon iris.

Je lance à mon mec un regard triste, pour qu’il soit pris d’une vague de tendresse pour la petite chose fragile que je suis. Mes yeux arrivent sur lui, je le trouve plié en deux de rire et quand il ouvre sa bouche infâme c’est pour me dire :

« Non mais c’est pas possible je pensais quand même pas que tu me croirais, je t’aurais dit de te mettre une plume dans le cul tu l’aurais fait aussi ? »

Je prends ce que j’ai sous la main, et je lui écrase consciencieusement dans la tronche, manque de pot pour lui c’est un coton largement imbibé de lait, de pue, et de pain de mie mouillé, il essaye de se débattre et ça lui étale encore un peu plus la chose, je me dis qu’avec un peu de chance il attrapera une conjonctivite de la bouche et qu’il pourra plus l’ouvrir pendant 3 jours.

Quand il l’a rouvert c’était pour m’embrasser, ça avait un goût de levure et de réconciliation, preuve que la mie de pain et le lait apaisent les mœurs, à défaut d’apaiser les yeux irrités.

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Je voulais juste que.
Le 5 mars 2012 à 12:23

Il y a des jours comme aujourd’hui où je réalise combien ma vie pourrait être plus douce, et combien je m’acharne consciencieusement à faire les choix les plus improbables, à prendre les routes les plus tordues, les chemins les plus escarpés. Pour aller où, d’ailleurs ?

Il y a des jours comme aujourd’hui où je voudrais redevenir une petite fille qui a le droit d’être pas prêteuse et hurler « Non c’est à moi ! » et rends-moi ma lampe qui traîne dans la chambre de ton aînée, et mes coussins blancs à plumes immaculées qui se salissent sous les doigts au chocolat des trois autres enfants, et rends-moi la place qui était vide dans ma boîte à souvenirs, qui croule maintenant sous le poids des miens et des vôtres enchevêtrés, alors même qu’ils n’ont rien en commun, j’ai plus assez de place pour les miens, et il y en a même plus peut-être assez pour ceux qu’on pourrait se faire ensemble. Rends-moi mon insouciance, ma légèreté, mes rêves d’avant, ils étaient quand même pourtant pas compliqués, je voulais juste avoir un mari qui voudrait que je sois sa femme, et qu’ensemble on body, on turbulette et on échographie.

Il y a des jours comme aujourd’hui, et puis il y a aussi ceux comme hier et demain. Alors je me souviens et j’attends.

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Ma fille est une artiste
Le 2 mars 2012 à 18:38

Quand elle entre dans une pièce qu’elle trouve trop sombre, elle me demande d’allumer le soleil.

Elle touche à tous les boutons de l’iPad, en se plaignant qu’il n’y a pas d’écho, je ne sais même pas où elle a entendu ce mot.

Elle demande, quand elle les trouve trop longs, si on peut lui couper les ombres, et à l’instant, alors qu’on prenait un bain ensemble, elle m’a montré mes bandes d’épilation en me disant que je devrais enlever mes étoiles.

Ma fille est une artiste, je vous dis.

Ou alors elle est complètement dyslexique.

Et perfide par-dessus le marché.

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Pendant longtemps, je n’ai eu pour seul point commun avec mon frère celui d’être né des mêmes parents que lui.

Avoir passé 9 mois dans le même ventre et être issu des mêmes testicules ça crée des liens, forcément. D’autant plus mon père lui ayant donné naissance à 30 ans et à mois à 32 ans, je suis en train de réaliser qu’on a dû se côtoyer de près pendant deux ans, à l’état de spermatozoïdes. A moins qu’on ne soit pas issus de la même couille, ce qui expliquerait cela.

On a toujours été très différents. La preuve, quand on était petits, il aimait les Smacks.

Très vite, il n’a pas pu me blairer. Il m’a d’ailleurs pas vraiment laissé le temps de faire mes preuves, puisqu’il paraît que quand il a appris que j’allais agrandir le cercle de la famille (et celui de notre mère par la même occasion), il a fait ses valises pour fuguer. Il avait mis trois légos et un packet de Smacks dans son sac à dos bleu, et il est parti.

Dans le garage.

Pendant 20 minutes.

Quand il en est sorti, il a été déçu, mes parents n’avaient même pas eu le temps de s’apercevoir de son absence. Je crois qu’en lui demandant en se marrant ce qu’il foutait dans le garage avec un sac à dos bleu sur le dos ils ont signé mon arrêt de mort.

Il a eu tort de s’inquiéter de mon arrivée, j’étais bien loin de faire de l’ombre à son statut de fils prodigue, d’aîné aux cheveux dorés. Sur les photos de nous petits, on ne voit que lui, avec au bout du bras une sorte de boule de graisse avec des cheveux noirs clairsemés. Moi.

Physiquement il était beau, j’étais rigolote.

Ma mère assortissait nos vêtements, pour les photos du dimanche dans le jardin. On aurait dit un catalogue Cyrillus sponsorisé par le Téléthon, ou l’inverse. Un enfant mannequin qui tenait tendrement la main d’une petite autiste un peu laide, pour prouver qu’on naissait tous égaux en droits.

J’étais gentille, « bonne pâte », c’est pratique quand on n’a pas un physique facile. Lui avait « oublié d’être bête », en langage de grands ça voulait dire qu’il avait un caractère de merde, c’est un privilège réservé aux enfants beaux.

Il est devenu de plus en plus beau, et donc de plus en plus chiant, comme si les deux caractéristiques allaient de pair et que leurs courbes montaient en même temps. Je ne le savais pas encore mais à l’adolescence il deviendrait beaucoup moins beau et ferait mentir les schémas en devenant encore plus chiant.

Un de mes plus vieux souvenirs remonte à mes 4 ans. Il paraît qu’à cet âge-là on se souvient surtout des évènements traumatisants. Je me souviendrai de celui-là jusqu’à mon dernier souffle.

J’avais eu pour mon anniversaire un Poney Rody. J’en rêvais depuis des années (au moins une demi), et pour cause, c’était une sorte de poney gonflable qu’on chevauchait en agrippant ses oreilles (celle du poney, pas les nôtres) (enfin on pouvait aussi mais du coup on tenait moins bien), afin d’effectuer une série de bonds en prenant appui sur nos pieds. On avait l’air con mais on était heureux, c’était ça qui comptait.

Il était rouge, brillant, il sentait bon le jouet neuf et je refusais de m’en servir dehors pour qu’il ne perde rien de sa superbe. Je me tapais tous les murs et toutes les étagères de la maison, je commençais vaguement à ressembler au-dit poney, mais peu importait tant que j’épargnais mon Rody de la moindre égratignure. Mes parents avaient juste obtenu de moi qu’il dorme dans le garage, pour éviter qu’il encombre inutilement ma chambre.

Un jour, je me suis engueulée fort avec mon frère, sans doute une sombre histoire de Gi-Joe déplacé ou de journal intime ouvert à son insu. Je ne savais pas lire, je n’avais donc pas eu l’opportunité de dire à ma mère qu’on pouvait y lire « MARI-PASCALE EST UNE SALOPEU », mais elle s’en apercevrait d’elle-même bien assez vite. Bref, il était colère, et moi j’étais barricadée dans ma chambre.

Quand il a frappé pour entrer dans ma chambre, j’ai compris que ça sentait le roussi. Quand il m’a dit « Va voir dans le garage, il y a une surprise pour toi », j’ai retrouvé mes réflexes de bonne pâte en imaginant qu’il y avait peut-être installé, pour se faire pardonner, une fontaine de chocolat ou un punching-ball à son effigie.

Je suis descendue, et Rody tirait la gueule. Devant son air contrarié, je me suis approchée, tout doucement pour ne pas l’effrayer, et je lui ai caressé son crâne luisant en lui demandant quelle misère mon frère lui avait fait.

A l’époque j’avais l’esprit à peu près bien tourné, mais aujourd’hui devant la tête du poney j’aurais soupçonné mon frère de l’avoir enculé avec du gravier et un filet de vinaigre.

En fait, c’était pire. Je m’en suis aperçue en le retournant. Sur son ventre, on pouvait y lire aux lettres de marqueur noir « LES NÉNÉ DE CAMILLE ». Je ne savais pas lire, mais le dessin qui illustrait la mention ne laissait pas beaucoup de doutes possibles sur son contenu.

Depuis, je soupçonne mon frère d’avoir provoqué chez eux une sorte de drame traumatique ayant abouti à leur absence de croissance.

Récemment, alors qu’il était depuis quelques années sorti de l’adolescence et que son visage avait donc retrouvé forme humaine, son nez n’étant désormais plus tout à fait proportionnel à ses bras, il est allé au Japon et m’a ramené un cadeau.

Un tout petit cadeau, d’1,5 cm sur 4 environ. J’ai pensé que c’était un moulage de sa bite, c’est la seule chose de mes souvenirs qui faisait à peu près cette taille. Mais non.

C’était un Rody, haut comme trois pommes naines, rouge et brillant, sans la moindre égratignure.

Je ne sais pas ce qui m’a le plus touché. Qu’il se souvienne de cet évènement ou qu’il me présente, à ce moment-là, un semblant d’excuse.

Depuis je le re-aime mais ça n’a pas fait revenir la virginité de Rody.

Toujours est-il que depuis, je le montre tous les soirs à mes seins en leur disant que c’est de l’histoire ancienne, mais que voulez-vous, la mémoire est sélective et la poitrine rancunière.

Mon Rody !

 

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La guerre des boutons
Le 23 février 2012 à 22:06

En ce moment son grand truc c’est de tout faire toute seule.

Mes journées font donc 48 heures, parce qu’elle a beau être très en avance, putain qu’est-ce qu’elle est lente.

Elle s’habille toute seule, se lave les dents toute seule, met ses chaussures et son manteau toute seule, et voilà qu’elle veut marcher toute seule, quand je fais un pas elle doit en faire trois, il faudrait que je réduise ma vitesse de deux tiers pour marcher à son rythme, elle essaye de me cacher qu’elle est essoufflée, c’est mignon mais je peux pas, j’ai du travail ma Chérie, dépêche-toi on est à la bourre, comment ça je cours trop vite, je marche tu vois je marche, et si t’es pas contente tu viens dans mes bras. Quoi t’es pas un bébé, je sais que t’es pas un bébé, et alors ça m’empêche pas de te prendre dans mes bras, une maman ça a le droit de prendre son enfant dans ses bras jusqu’à ses 18 ans révolus, et après ça recommence à partir de 80 ans, rappelle-toi hier quand on est allés voir Mamie je l’ai portée pour marcher, et elle est pas petite.

Après je la laisse chez sa nourrice, elle fait plein de trucs toute seule surement, des trucs de grande, d’ailleurs elle me raconte qu’elle a lu des grands livres avec ses grands copains parce que depuis quelques semaines l’utilisation du mot « petit » est banni de notre vocabulaire, en ce moment elle a un « grand » verre et un « grand » doudou, et elle prend des « grands » bains même s’ils durent 3 minutes 30 parce qu’on a pas que ça à faire, mais d’abord elle essaye d’enlever son « grand » gilet.

Ca m’énerve ça prend du temps, j’ai des choses à faire moi ma chérie, puis il est tard et tu vas encore te coucher à pas d’heure, mais dépêche-toi un peu on dirait que tu le fais exprès.

Elle se bat contre son premier bouton, et dire qu’il y en a 7 en tout, je vais regarder mes mails ou mes notifications sur Facebook sur mon portable en attendant, t’es mignonne ma puce mais on a pas la soirée devant nous, pourquoi tu veux pas que je t’aide, ça irait quand même plus vite, et puis ton bain va refroidir et il faut que je fasse chauffer ton dîner.

Elle se bat donc contre son premier bouton, elle le tord dans tous les sens, ses petits doigts essayent de plier le tissu, puis de faire passer le bouton, elle décompose tous les gestes qui sont pourtant si naturels, c’est pour ça qu’elle me regardait autant le faire à l’époque où elle m’y autorisait, elle échoue, elle recommence, une fois puis deux puis cinq, et là un miracle se produit : le bouton passe dans le trou, et il en reste plus que 6.

Alors elle lève les yeux vers moi pour vérifier que je la regarde. Elle a de la chance je n’avais pas de réseau, alors je la regarde et elle a les yeux qui dégoulinent de fierté. Elle sourit en coin mais elle ne dit rien pour bien me montrer que c’est normal qu’elle y arrive puisqu’elle est grande.

Et j’ai envie de lui tricoter un gilet à 127 boutons, pour que ça recommence encore 126 fois.

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Au bal (des) masqué(s). (Oh eh oh eh)
Le 21 février 2012 à 18:03

Aujourd’hui c’est mardi gras, et j’avais envie de vous parler de déguisements.

Ou plus exactement des qualités déguisées en défauts, et des gens et des discours qui avancent masqués.

L’autre jour, j’ai rencontré en soirée une fille qui m’a fait plutôt bonne impression. Je m’apprêtais même à lui demander qu’on soit amies sur FB ou si je pouvais lui toucher les seins, quand soudain elle a lâché une bombe.

Elle a dit, alors qu’on parlait de son couple : « Quand ça pète, ça pète… »

A ces mots j’ai senti au frisson qui me parcourait l’échine qu’on allait droit dans le mur. En crépi, le mur.

Et je me le suis pris de plein fouet quand elle a ajouté, en parlant un peu moins fort comme pour me confier un secret : « Faut dire qu’on a tous les deux notre petit caractère ».

Elle m’a dit ça d’un ton faussement coupable, avec l’air de quelqu’un qui confesse un défaut.

Et comme prévu elle a ajouté : « En fait tu vois j’encaisse, j’encaisse, puis un moment j’en peux plus, alors j’explose et je hurle ».

Il y a des défauts qui ont bonne presse, et qu’on toujours du plaisir à vanter.

Si t’as ton petit caractère, t’as ton pass pour la vraie vie. Un pass que tu as plutôt intérêt à exhiber, mais subtilement, de préférence. En le faisant passer pour un défaut, afin de mieux vendre ton inestimable qualité.

Idem pour l’exigence. Ce qu’on ne dit pas assez c’est qu’un chaton meurt dans d’atroces souffrances à chaque fois que quelqu’un déclare que son problème, c’est qu’il est trop exigeant avec les autres et avec lui –même.

Ca marche aussi avec la rancune. C’est tendance d’être rancunier, ça laisse penser aux gens que tu te respectes sur le long terme.

Tu feras toujours ton petit effet en disant « Le problème avec moi (ne pas oublier de le faire passer pour un défaut), c’est que quand on m’a fait souffrir une fois je donne rarement une deuxième chance. C’est que j’oublie jamais vraiment quand on me fait du mal. »

Je rêve de soirées où en discutant avec les gens, ils n’auraient pas de mal à te confier qu’ils ne se mettent pas la barre assez haute et qu’ils ont du mal à exiger des choses des autres. Que le problème avec eux, c’est que quand on leur chie dessus ils ont tendance à redemander encore un peu, et que malheureusement ils oublient toujours très vite qu’on leur a fait du mal.

Je rêve qu’ils n’aient pas peur d’ajouter  « J’encaisse, j’encaisse, puis un moment ça ne va plus, et je m’enferme dans ma chambre pour pleurer ».

Je rêve d’un lendemain de mardi gras où les gens auraient décidé d’enlever leurs masques, une bonne fois pour toute et au moins jusqu’à l’année prochaine.

 

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Jeudi, j’ai rendu à mon éditrice le manuscrit des 365 jours coquins pour lequel je vous avais sollicité. Je vous remercie 1000 fois pour votre aide, et j’attends que ma fille daigne vouloir tirer 3 papiers parmi ceux que j’ai soigneusement découpés avec les numéros de vos commentaires, mais pour l’instant elle peut pas, elle regarde Le gangbang des requins. Le gang des requins, pardon, ça s’invente pas quand même.

L’avant-veille, mardi donc, j’avais mis les bouchés (…) doubles (…) pour rendre tout ça dans les temps, et il se trouve que c’était aussi le jour de la St Valentin.

Je suis cynique sur à peu près tout, sauf sur ce qui donne l’occasion de boire du champagne. Et à ceux qui pensent que la St Valentin ça devrait être toute l’année, je réponds que j’ai pas les moyens d’acheter une bouteille de Pommard par jour.

Puis ça me coûte pas que 30 euros cette affaire. Ca me coûte aussi ma dignité, parce qu’il faut savoir que j’ai beau gagner ma vie en parlant sexe, les cordonniers n’amassent pas mousse comme on dit, et je suis à  peu près la française la plus prude en matière de sexe face à des inconnus. Je veux dire, il y a des gens que ça ne dérange pas d’aller acheter des capotes ou des mouchoirs, moi je ne peux pas acheter de PQ parce que ça suppose que je suis dotée d’orifices.

Or, passer à la caisse avec du champagne un 14 février, c’est un peu comme y passer avec une pancarte clignotante accrochée au cou « Ce soir je vais me faire choper peut-être. »

D’ailleurs la dame elle m’a dit « En vous souhaitant une bonne soirée », et je crois bien qu’elle a fait un clin d’oeil complice et lubrique, peut-être aussi rapport au fait que ce jour-là j’avais malheureusement aussi besoin d’acheter un concombre.

J’ai passé le reste de la journée à chercher la vingtaine d’idées coquines qui me manquaient, puis, à la date du 14 février, j’ai écrit : « Rentrer avant lui et vous emmitoufler dans un grand plaid, façon mamie. Pas tant mamie que ça, puisque vous aurez caché en dessous une tenue sexy et une bouteille de champagne ».

Alors forcément ça m’a donné des idées.

J’ai couché ma fille en lui disant que Maman s’apprêtait à faire sans doute une grosse bêtise, mais qu’elle l’aimait très fort puis je suis montée dans ma chambre, pour sortir d’un vieux carton « trucs inmettables » un très joli body en dentelle. Il était là, à côté d’un jean avec trois jambes et de deux cols roulés sans manches, intact, avec encore l’étiquette.

Faut dire que j’ai du mal à trouver une bonne occasion de le mettre. C’est pas tout à fait le genre de vêtements que tu portes façon « casual décontractée » avec un jean un dimanche pluvieux de novembre. C’est pas non plus tout à fait le genre de trucs que tu mets pour aller en boîte, sauf si tu veux finir la soirée avec Guy Georges.

Bon je sais c’est moche le discours « on a plus de risques de se faire violer en s’habillant sexy », mais vraiment, tu dis ça parce que t’as pas vu le body.

Alors je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais. Il était 20 heures, mon mec arrivait à 22, ça me laissait tout le temps d’essayer, au moins.

Une paire de  bas et des escarpins plus tard, j’étais prête.

C’est simple, j’avais l’impression d’être une petite fille déguisée en pute.

J’ai appelé ma copine Léo, adepte de ce genre de fantaisies, pour lui demander si c’était normal si j’étais prise d’un fou rire quand je me voyais.

- Tu te trouves pas bonne ?

- Je me trouve rigolote quoi.

- Rigolote. Vire-moi ce nez rouge et cambre un peu les reins.

- Ca y est.

- Alors ?

- Je me trouve rigolote et j’ai mal au dos.

- Prends un air sérieux. Genre un peu diva.

- On dirait une pute pas contente.

- Marche d’un pas décidé.

- On dirait une pute décidée à pas être contente.

- T’es toute seule ?

- Non non je suis avec ma fille et ma mère, d’ailleurs elles ont le même body on pensait faire une campagne putes de mères et filles.

- C’est quoi ce bruit ?

Ce bruit c’était mon mec qui venait de rentrer un peu plus tôt que prévu. J’ai dit à Léo « Je te laisse » et à mon mec « Ah t’es là. »

Il a bredouillé « Qu’est ce qui se passe? » j’ai dit « Ca fait pute quand même non ? », et c’est quand il a dit « Non pas du tout c’est très distingué » que j’ai compris que ça faisait vraiment pute.

Je m’apprêtais à vous raconter la suite mais il y a ma fille qui vient de me faire signe que c’était bon, pour le tirage au sort. Maître Nadjar aurait été là que ça aurait pas été plus équitable, la preuve ici, parce que je n’arrive pas à mettre la vidéo sur le blog. Puis tu peux même en profiter pour me demander d’être ton amie, j’accepte tout le monde (même les mecs qui disent qu’ils vont baiser ma grand-mère comme on m’a dit hier sur mon mur) mais en profil limité alors tu verras pas de photos de mes fesses (ni de ma grand-mère).

Et pour ceusses et celles qui n’auraient pas Facebook, sachez que les numéros gagnants sont le 10, le 11 et le 26, et qu’ils correspondant aux commentaires de Zake, Phoebe et Ludi, à qui je serai grès (oui, on peut porter un body de pute de temps en temps et utiliser des expressions d’antan) de m’envoyer leurs adresses en passant par ici.

Encore merci à tous, et à très bite bien sûr.

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